Fille et garçon à Marignane

Comme un rendez-vous annuel, durant le mois de juin 2018, l’équipe de Cinambule s’est rendue au collège Ste Marie à Marignane pour une nouvelle semaine d’atelier de réalisation. Cette année, les deux professeures référentes de l’atelier (Arts Plastiques et Histoire-géo), ont décidé de lancer les élèves sur le thème « fille-garçon ».

Comment représente-t-on un garçon au cinéma ? Une fille ? Comment se caractérisent les modèles de « virilité » et de « féminité » ? A quels stéréotypes peut-on être confronté et à quel endroit le cinéma déjoue les codes ? Comment parler du rapport, de la relation entre les garçons et les filles ? Quelle complicité ? Quelle rivalité ? Et l’amour dans tout ça ? Et l’amitié ?

Beaucoup de questions sur un sujet très large, parfois complexe à appréhender sous une surface évidente, et toujours au coeur de débats contemporains, qui soulève les passions et divise les points de vue.

Pour réfléchir sur la représentation des filles et des garçons au cinéma et nourrir l’imaginaire des participants avant d’élaborer un scénario, les élèves ont visionné un certain nombre d’extraits de films et des courts-métrages.

Quelques exemples des extrait projetés :

* Représentations possibles du « masculin » :

Man of steel
Zack Snyder / 2013
Quelque chose des hommes-
Stéphane Mercurio / 2015

* Représentations possibles du « féminin » :

Blanche-neige et les sept nains-
David Hand / 1937
Les combattants-
Thomas Cailley / 2014

* Des personnages « hors des normes », qui ne font pas ce qui est attendu de leur genre assigné, ou qui se révoltent :

A partir des films, les élèves ont donc eu l’occasion de discuter autour de l’idéal masculin et de l’idéal féminin (et de la notion de « héros »), de l’amour dans les films, de l’amitié fille/garçon très rarement représentée au cinéma (« une fille et un garçon, s’ils se connaissent, ils finissent ensemble à la fin ! »), des rôles de chacun dans la société, des possibilités ou non d’agir dans la vie selon le genre auquel on appartient.

L’idée d’une « égalité entre les filles et les garçons aujourd’hui » pour les participants semblait assez partagée, notamment par rapport à l’accès au travail ou au sport notamment, même si certaines filles insistaient sur le fait qu’il était parfois compliqué, par exemple, de faire du rugby et de ne pas correspondre au modèle attendu. Des questions se posaient aussi sur le regard que pouvaient poser les garçons sur les filles et inversement, sur le malaise que cela pouvait générer. La notion de harcèlement a également été soulevée.

Ensuite, un tableau en deux colonnes fille/garçon a été rempli collectivement pour récapituler les discussions ; l’idée était de faire rentrer tous les mots qui pouvaient correspondre à ces deux notions dans l’imaginaire collectif : bleu, ferrari, costaud, lion, carré, héros… / rose, sensible, maquillage, gazelle, rond… Face à ce tableau, les participants réalisaient que malgré l’impression de liberté d’ « être qui on veut », les cases et les représentations étaient bien figées, encore difficiles à faire bouger.

Les participants se sont ensuite répartis en 4 groupes et ont commencé à réfléchir sur leur scénario. Tout l’intérêt de ces 4 jours est que tout le matériel de Cinambule est mis à disposition pour les participants ; ils ont donc utilisé différentes techniques d’animation, du papier découpé au « draw my life » en passant par l’animation en volume et sur tableau noir. Certains avaient également évoqué l’envie de faire du montage et ont pu l’expérimenter, notamment pour associer des bruitages cherchés en amont, avec des images tournées.

#5 Couleurs nature
#5 Couleurs nature
#5 Couleurs nature
#5 Couleurs nature

Quatre propositions distinctes se sont dégagées : une histoire de courtes séquences humoristiques où les rôles masculin et féminin s’inversent (« imagine si James Bond était une femme ! »), un récit de science-fiction en pâte à modeler où garçons et filles sont séparés par un mur et ne se sont jamais vus -un moyen décalé de jouer sur les clichés-, un documentaire animé partant d’entretiens avec des gens du collège, petits et grands, autour des identités garçon/fille et un court-métrage mêlant fiction et témoignages réels autour du harcèlement.

 

 

Infos pratiques :

-4 jours banalisés

-15 élèves, de la 6ème à la Seconde

-Restitution du film à la fin de la semaine

cinambule

Au-delà de la diffusion du court métrage, Cinambule, organise tout au long de l’année des actions d’éducation à l’image et des projections en milieu scolaire, des ateliers de réalisation de films et des programmes avec des structures partenaires.

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